Description
Sommaire
- L’Empire du Soleil Couchant
- La Recette de l’Oubli
- Le Premier Souffle
- Le Gala des Ombres
- Nuit Noire au Vieux-Port
- L’Innocence Perdue
- Diagnostic Terminal
- L’Aveu du Silence
- L’Exode d’Enzo
- Le Mur de Honte
- La Ville Fantôme
- Les Chiens de Guerre
- La Traque Fraternelle
- Protocole Oméga
- Les Catacombes de la Mer
- L’Éden Corrompu
- Le Marché des Ombres
- Face à l’Abîme
- Justice de Sang
- Cendres Phocéennes
Résumé
Le crépuscule sur la cité phocéenne n’était pas une simple transition lumineuse ; c’était une reddition. Le soleil, disque d’or en fusion, s’enfonça derrière l’archipel du Frioul, baignant la Méditerranée d’une lumière de sang et de cuivre. Depuis le trentième étage de la tour Zoda, le joyau architectural de verre et d’acier qui dominait le quartier de la Joliette, Marco contemplait ce spectacle. Sous ses pieds, Marseille s’étendait, immense, chaotique et pourtant, pour la première fois de son histoire millénaire, parfaitement ordonnée.
Marco ne portait pas les stigmates de la rue. Son costume en vigogne, taillé sur mesure à Naples, épousait sa carrure d’athlète vieillissant. Il lissa le revers de sa veste, un geste machinal, presque religieux. À cinquante ans, l’aîné de la fratrie incarnait le passage du crime de sang à l’hégémonie de salon. Pour lui, la violence était un outil que l’on rangeait au fond d’un tiroir dès lors que la corruption devenait un lubrifiant plus efficace.
— Le préfet a signé, Marco. Sans un tremblement.
La voix venait de l’ombre. Elias fit un pas dans la lumière mourante. Le cadet était l’antithèse de Marco : une tension brute, une énergie cinétique contenue à grand-peine. Il tendit un dossier en cuir de Russie contenant les permis de construire pour le projet « Horizon Phocéen ». Cinq cents millions d’euros de subventions européennes.
— On ne braque plus les banques, Elias. On les possède, murmura Marco. Si nous retirons nos équipes des chantiers demain, la ville s’arrête de respirer. Nous ne sommes plus des criminels. Nous sommes l’État de substitution.
Il se tourna de nouveau vers la baie vitrée. Au loin, les grues de la Joliette, peintes aux couleurs de leur entreprise, ressemblaient à des échassiers géants veillant sur une proie. Sous le règne des Zoda, la petite délinquance avait disparu, absorbée ou enterrée. Les rues étaient propres. On ne mourait plus pour un territoire, mais pour avoir perturbé le flux des dividendes.
Le téléphone de Marco vibra. C’était la cellule de surveillance électronique.
— Patron, on a un signalement bizarre dans le secteur de la Rose, grésilla une voix. Une intervention des pompiers qui tourne mal. Détresse respiratoire foudroyante. Déjà six morts.
Marco fronça les sourcils.
— Les premiers rapports parlent de sang, patron. Beaucoup de sang. Les poumons lâchent en dix minutes. Les deux ambulanciers sont tombés aussi. On dirait une attaque chimique.
Un frisson glacé remonta le long de la colonne vertébrale de Marco. Il pensa immédiatement à Enzo, le benjamin, et à ses laboratoires cachés dans les entrailles de la ville.
— Localise Enzo, ordonna-t-il à Elias. Maintenant.
Ils descendirent au niveau de la rue dans l’ascenseur privé. À la sortie, une berline blindée les attendait. La voiture s’élança sur la Corniche Kennedy. Marseille défilait, mais la grâce du crépuscule s’était évaporée. Marco ne voyait plus les lumières, mais les ombres. Le trajet de retour vers le centre-ville devint une plongée dans l’effroi.
À l’entrée du tunnel, la berline ralentit. Une ambulance s’était arrêtée brutalement sur le bas-côté. La portière s’ouvrit et un homme en uniforme blanc s’effondra sur l’asphalte, pris de convulsions violentes. Une femme en robe de soirée, sortie d’un restaurant voisin, griffa désespérément sa propre gorge avant de s’écrouler, un filet de sang écumeux s’échappant de ses narines. Elle ne criait pas. Elle ne pouvait plus. Ses poumons n’étaient déjà plus que des sacs de tissus nécrosés.
Le téléphone d’Elias sonna. Il décrocha, écouta quelques secondes, puis son visage se décomposa.
— C’est Sarah, articula-t-il d’une voix brisée. Elle a commencé à tousser au dîner. Elle est devenue bleue. Les médecins de la clinique s’effondrent les uns après les autres.
Elias poussa un cri de bête blessée qui traversa l’habitacle. Marco posa une main de pierre sur le bras de son frère. Il savait. L’incubation de dix minutes transformait chaque habitant en une bombe biologique.
— Sarah est déjà morte, Elias. Regarde ses yeux. On doit trouver Enzo.
La voiture vira violemment, escaladant un terre-plein central pour s’extraire du piège urbain. Marseille n’était plus une cité-monde. Elle était devenue une boîte de Petri géante, et les Zoda venaient d’en briser le couvercle.
Ils atteignirent l’entrepôt numéro 14, un bastion de béton armé dans les quartiers Nord. Elias fit sauter les gonds de la porte à la charge de rupture. À l’intérieur, l’odeur d’éther et de décomposition saturait l’air. Ils trouvèrent le chimiste principal d’Enzo affalé dans un fauteuil, sa combinaison de protection déchirée. Sur un écran encore allumé, une vidéo tournait en boucle. Enzo y apparaissait, le visage serein.
— « Mes chers frères, si vous voyez ceci, c’est que Marseille a commencé à respirer mon œuvre. Le Z-10 est l’ordre ultime. Je pars vers une nouvelle frontière. Le monde va vouloir acheter le remède, mais il n’y a pas de remède. Il n’y a que le contrôle. »
Elias déchargea son fusil d’assaut sur l’écran, le pulvérisant dans un fracas de verre.
— Il est parti par la mer, dit Marco. Direction l’archipel.
Dehors, le vrombissement des hélicoptères de combat déchira le ciel. Des fusées éclairantes rouges illuminèrent la ville d’une lueur spectrale. L’armée fermait les verrous. Le « Dôme de fer » n’était plus une métaphore ; c’était une réalité logistique. Marseille allait être débranchée du reste du pays.
Ils foncèrent vers le terminal sud. Le passage du barrage militaire fut un chaos d’étincelles et de balles percutant le blindage. Marco ne regarda pas en arrière. Ils atteignirent le quai où le yacht de luxe, le *Maelström*, attendait sous pression.
Alors que le navire larguait les amarres et s’enfonçait dans l’obscurité de la Méditerranée, Marco se tint à la poupe. Marseille n’était plus qu’un point rougeoyant, une nécropole dévorée par les flammes que les Zoda avaient eux-mêmes attisées. L’argent ne servait plus à rien. Le luxe de leur empire s’évaporait dans l’air saturé.
Le yacht prit de la vitesse, fendant les vagues noires. Derrière eux, la première détonation sourde d’une frappe aérienne ciblée retentit. L’armée commençait à nettoyer les foyers d’infection. Marco retira son masque, respirant l’air du large avec une amertume qui lui brûla la gorge.
— Cap sur l’île, ordonna-t-il. Ne vous arrêtez pour rien. Même si vous voyez des survivants.
Le *Maelström* disparut dans la nuit. Le chapitre de l’hégémonie se fermait sur un rideau de sang. Celui de l’expiation venait de s’ouvrir.
Avis d’un expert en Amour & Passion ⭐⭐⭐⭐⭐
ZODA : LE DERNIER SOUFFLE s’impose comme une œuvre percutante qui dépoussière le polar marseillais en y injectant une dose efficace de bioterrorisme dystopique. Le style est tranchant, cinématographique, et le rythme insoutenable dès l’apparition du Z-10. La transition entre l’hégémonie criminelle en col blanc et la survie sauvage dans une ville devenue boîte de Petri est maîtrisée avec brio. L’auteur parvient à humaniser ses monstres tout en rendant le lecteur témoin de leur déchéance morale. C’est une plongée fascinante dans les arcanes du pouvoir et de la trahison fraternelle. Note : 17/20. Conseil : Ne cherchez pas un récit réconfortant ; laissez-vous porter par cette noirceur assumée et concentrez-vous sur la psychologie complexe de Marco, véritable pilier narratif de cette tragédie moderne.
Note : 17/20
Conseil : Ne cherchez pas un récit réconfortant ; laissez-vous porter par cette noirceur assumée et concentrez-vous sur la psychologie complexe de Marco, véritable pilier narratif de cette tragédie moderne.
Questions fréquentes
- Quel est le genre littéraire de ZODA : LE DERNIER SOUFFLE ?
- Il s’agit d’un thriller noir mêlant polar mafieux et anticipation biologique, se déroulant dans un Marseille sombre et sous tension.
- Qui sont les personnages principaux ?
- Le récit suit la fratrie Zoda : Marco, le stratège froid et calculateur, Elias, le cadet impulsif, et Enzo, le benjamin chimiste à l’origine du chaos.
- Quel est l’élément déclencheur de l’intrigue ?
- La propagation foudroyante d’un agent pathogène baptisé ‘Z-10’, qui transforme Marseille en une zone de quarantaine mortelle.
- Le livre propose-t-il une réflexion sociale ?
- Oui, à travers la transformation de la criminalité de sang en une ‘hégémonie de salon’ et la corruption systémique des institutions.
- Est-ce une lecture pour un public averti ?
- Oui, le récit contient des scènes de violence clinique et une atmosphère pesante liée à la catastrophe sanitaire décrites sans concession.






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