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MOMO PRÉSIDENT : L’ALLERGIE AU BS

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4,00 

L’ascenseur du bâtiment B4 n’était pas un moyen de transport, mais une œuvre d’art contemporaine dédiée à l’immobilisme social. Ses portes restaient entrouvertes comme la mâchoire d’un vieux boxeur à qui on aurait piqué son dentier, dégageant une fragrance complexe mêlant pisse vintage et un désodor…

Description

Sommaire

  • Le Grec de la Colère
  • L’Invasion des Slims
  • Plateau Saignant
  • Le Protocole du Jogging
  • La Stratégie de la Daronne
  • Le Manifeste du Ticket de Caisse
  • Chaos à 2% de Batterie
  • L’Attentat au Parfum
  • Le Grand Débat du Bitume
  • Le Cheval de Troie Digital
  • Opération ‘Main Propre’
  • Le Baiser de la Mort Politique
  • La Trahison des Merguez
  • L’Épreuve du Silence
  • Le Sacre du Réel

    Résumé

    L’ascenseur du bâtiment B4 n’était pas un moyen de transport, mais une œuvre d’art contemporaine dédiée à l’immobilisme social. Ses portes restaient entrouvertes comme la mâchoire d’un vieux boxeur à qui on aurait piqué son dentier, dégageant une fragrance complexe mêlant pisse vintage et un désodorisant « Forêt des Landes » qui n’avait jamais croisé la moindre chlorophylle. À l’intérieur, une affiche électorale de 1995, miraculeusement épargnée par les tags, témoignait d’un temps où les promesses étaient encore imprimées sur du papier glacé.

    Momo était assis sur son sac de sport, pile en face de la carcasse de métal. Son iPhone 12 Pro Max, dont l’écran était tellement fissuré qu’il ressemblait à une carte IGN de la Creuse, était calé entre une brique de jus d’orange tiède et une boîte de mouchoirs.

    — Les gars, regardez-moi ça, lança Momo d’une voix grasse, la bouche à moitié pleine. C’est ça, la « Start-up Nation ». Un ascenseur en RTT depuis le premier mandat de Chirac. Et moi, je suis là, avec mon grec, à attendre un miracle.

    Il brandit son sandwich comme s’il s’agissait du Saint-Graal. C’était un « complet », sauce algérienne — l’unique, la vraie, l’objet sacré de sa quête — avec un supplément frites à l’intérieur pour le ballast. L’huile de friture imbibait déjà le papier sulfurisé, créant une auréole de gras qui s’étendait avec la régularité d’une marée noire sur les côtes bretonnes.

    — Regardez l’épaisseur de la viande, poursuivit-il en zoomant maladroitement pour les 45 000 personnes connectées. Le chef m’a juré que c’était du veau. Je lui ai dit : « Chef, ton veau, il a fait l’Euro 2016 ou quoi ? Il est plus musclé que Cristiano Ronaldo. »

    Dans le coin de l’écran, les cœurs explosaient. Les commentaires défilaient à une vitesse supersonique, un mélange de « MOMO PRÉSIDENT » et de trolls demandant si le supplément oignons était déductible des impôts.

    — Et là, j’entends quoi à la radio du snack ? reprit Momo en s’essuyant une goutte de sauce orange du revers de la main. Un ministre. Un type qui porte des chaussettes en fil d’Écosse coûtant le prix de mon RSA. Le mec nous explique la « sobriété ». Il dit : « Françaises, Français, faut être résilient ». Résilient ? Mon frère, je mange un kebab dans un hall qui sent l’ammoniaque devant un ascenseur plus mort que la carrière de Francis Lalanne, et tu me parles de résilience ? La seule chose résiliente ici, c’est l’estomac des mecs du quartier après un triple cheese à trois heures du mat’ !

    Le compteur passa à 150 000 vues. En quatre minutes.

    À l’autre bout de Paris, dans un bureau feutré de la rue de Varenne, Jean-Hubert de la Roche-Mouchard, conseiller spécial en « Storytelling de Proximité », fixait son iPad avec l’horreur d’un aristocrate de 1789 regardant une guillotine en kit sous ses fenêtres.

    — Monsieur le Ministre… On a un problème organique. Un type déconstruit votre discours en comparant le prix de la sauce algérienne à l’inflation du gaz.
    — La sauce quoi ?
    — Algérienne, Monsieur. Une émulsion pimentée. Apparemment, l’augmentation de cinquante centimes du supplément est perçue comme une rupture du contrat social.

    Retour aux 4000. Momo ignorait qu’il faisait transpirer le sommet de l’État.

    — Ils pensent qu’on est cons ! hurla Momo vers l’objectif. Ils utilisent des mots comme « paradigme » ou « synergie », mais ils n’ont pas de pièces de rechange pour l’ascenseur du B4 ! Hey, Monsieur le Ministre ! Viens ici ! On va manger un grec ensemble. On va voir si ton système digestif résiste à la sauce algérienne qui te décape l’œsophage comme du Destop !

    Une voix stridente déchira soudain l’épique de la diatribe.

    — MOMO ! DESCENDS LES POUBELLES !
    — Maman ! Je suis en direct, là ! Je parle au peuple !
    — Je m’en fous du peuple ! Ça pue le poisson dans la cuisine ! Descends ça tout de suite ou je coupe le Wi-Fi !

    Momo soupira, une expression de défaite totale sur le visage.
    — Voilà. Vous voyez ? La démocratie, c’est bien, mais la daronne, c’est la dictature. Retenez bien ça : le prix de la sauce, c’est le début de la révolution. Si on ne peut plus se payer le piment, on va finir par le mettre ailleurs. Allez, salam.

    Il coupa le live. Silence dans le hall. L’ascenseur émit un petit « cling » ironique, mais les portes restèrent closes. Momo se leva et ramassa son papier gras. Son téléphone vibra. Puis convulsa. 2,2 millions de vues.

    Dehors, une Mercedes Classe S se gara dans un soupir hydraulique. Loïc-Henri en descendit, ajustant un gel pour cheveux si puissant qu’il aurait pu coller les tuiles d’une navette spatiale. Il ramassa une carte de transport Navigo traînant au sol et l’examina avec la perplexité d’un archéologue face à un artefact extraterrestre. Une journaliste, déjà sur les lieux, se précipita vers Momo. Il lui tendit un quignon de son pain. Elle le mâcha avec la prudence d’un démineur manipulant un colis suspect.

    — Alors ? demanda Momo. C’est ça, le goût du terrain.
    — C’est… très texturé, balbutia-t-elle.

    Momo regarda les conseillers en costumes cintrés qui s’approchaient, leurs tablettes à la main, prêts à « préempter son authenticité ». Il fixa son dernier morceau de fritte collé au papier.

    — Tout ça pour un supplément frites, souffla-t-il. J’aurais dû prendre une salade, ça aurait fait moins de bruit.

    Mais Momo mentait. Il adorait le bruit. Et il savait que dans ce choc entre le « Parquet Ciré » et le « Bitume Craquelé », c’était rarement le parquet qui allait s’en sortir sans taches de gras.

    Avis d’un expert en COMEDIE ⭐⭐⭐⭐⭐

    MOMO PRÉSIDENT : L’ALLERGIE AU BS est une déflagration littéraire nécessaire. L’auteur manie une plume acérée, où chaque métaphore — de l’ascenseur en ‘RTT’ au ‘veau de l’Euro 2016’ — frappe avec une précision chirurgicale. Ce livre réussit l’exploit de transformer une simple anecdote de livraison de kebab en un traité sociologique sur le malaise français. La force du récit réside dans le contraste saisissant entre la rue, avec ses odeurs et son urgence, et les cabinets ministériels aseptisés, figés dans leur vocabulaire creux. C’est une satire brillante sur la ‘Start-up Nation’ qui dévore ses propres enfants, portée par un personnage principal dont l’authenticité crue est une arme de destruction massive contre le ‘storytelling’ formaté. C’est drôle, tragique, et furieusement actuel. Note : 18/20. Conseil : Lisez ce livre sans modération, mais préparez-vous à ne plus jamais regarder un kebab de la même manière : vous y verrez désormais un manifeste politique.

    Note : 18/20

    Conseil : Lisez ce livre sans modération, mais préparez-vous à ne plus jamais regarder un kebab de la même manière : vous y verrez désormais un manifeste politique.

    Questions fréquentes

    Quel est le sujet principal de ce livre ?
    Le récit suit Momo, une figure charismatique du quartier, dont une vidéo virale dénonçant l’absurdité du quotidien et le décalage des élites devient, malgré lui, un phénomène politique national.
    À quel genre littéraire appartient cette œuvre ?
    Il s’agit d’une satire sociale contemporaine, mélangeant chronique urbaine, humour grinçant et critique acérée des dynamiques de pouvoir et des réseaux sociaux.
    Pourquoi le livre s’intitule-t-il ‘L’allergie au BS’ ?
    Le titre souligne le rejet viscéral de Momo pour le ‘Bullshit’ (BS) institutionnel, les discours de façade et la déconnexion totale des décideurs vis-à-vis de la réalité du terrain.
    Le livre est-il adapté à tous les publics ?
    Grâce à son ton mordant et son langage imagé, il ravira les lecteurs amateurs de récits incisifs, de culture internet et de sociologie de comptoir, bien qu’il puisse déranger par son franc-parler.
    Le personnage de Momo est-il une caricature ?
    Momo est une synthèse moderne : à la fois ‘influenceur’ malgré lui et porte-parole improvisé du désenchantement citoyen, il incarne le choc entre le réel brut et la communication politique.

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