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Compte Tes Morts

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4,00 

08:07.

Les chiffres rouges du tableau de bord brûlent la rétine. Elias ouvre les yeux. Ses paupières collent. Une croûte de sommeil et de poussière. Sa bouche a le goût d’un cendrier froid. L’air dans le van est épais. Il sature les poumons. Ça sent le tabac brun et le fer. Le fer, c’est le sang. …

Description

Sommaire

  • 08:07
  • Le Goût du Cuivre
  • La Morsure du Canon
  • Le Piège Magnétique
  • L’Hésitation de Marco
  • La Ruelle des Abattoirs
  • Économie de Plomb
  • Mémoire de la Douleur
  • Le Salaire du Traître
  • Impact Clinique
  • La Seconde Manquante
  • L’Extraction
  • Le Couloir du Néant
  • 08:09

    Résumé

    08:07.

    Les chiffres rouges du tableau de bord brûlent la rétine. Elias ouvre les yeux. Ses paupières collent. Une croûte de sommeil et de poussière. Sa bouche a le goût d’un cendrier froid. L’air dans le van est épais. Il sature les poumons. Ça sent le tabac brun et le fer. Le fer, c’est le sang. Elias ne bouge pas la tête. Il évalue sa position. Son dos appuie contre la paroi en tôle. Ses fesses reposent sur la banquette en skaï déchiré. La mousse jaune dépasse par les fentes.

    Sa main droite est lourde. Ses doigts enserrent la crosse d’un Beretta 92FS. Le quadrillage du polymère marque sa peau. L’arme est chaude. Elle sort du feu. L’index repose sur le pontet. La sécurité est effacée. Elias sent le poids des quinze munitions dans le chargeur. Une se trouve dans la chambre. Le percuteur est armé.

    À sa droite, une masse pèse. Don Moretti occupe l’espace. Le parrain est affaissé. Son menton touche son sternum. Un trou de balle orne sa tempe droite. Les bords de la plaie sont noirs. Brûlés. De la matière grise s’est déposée sur son col en soie. Le sang a coulé le long de sa joue. Il a imbibé le revers de son costume sur mesure. La tache est sombre. Presque noire sous cette lumière. Moretti est mort. Ses yeux sont restés ouverts. Ils fixent le tapis de sol en caoutchouc. Une mouche se pose sur sa pupille gauche. Elle ne bouge pas. Moretti non plus.

    Le van tangue. Les suspensions sont fatiguées. Elles couinent à chaque bosse. Marco conduit. Elias voit sa nuque. Elle est large. Des plis de graisse débordent du col de sa chemise. La peau est luisante. Marco transpire. Ses mains serrent le volant à dix heures dix. Ses jointures sont blanches. Il porte un tatouage sur l’avant-bras droit. Une vierge Marie à l’encre bleue. Elle se tord quand il tourne le volant.

    Marco regarde le rétroviseur central. Ses yeux rencontrent ceux d’Elias. Marco détourne le regard. Il fixe la route. Ses épaules remontent vers ses oreilles. Il respire par la bouche. Un sifflement court. Elias observe le mouvement des essuie-glaces. Ils battent le rythme sur le pare-brise sec. *Clac-clac. Clac-clac.* Le caoutchouc est usé. Il laisse des traînées grises sur le verre.

    Dehors, la zone industrielle défile. Des hangars en tôle ondulée. Des clôtures en grillage galvanisé. Des herbes folles percent le bitume. Le ciel est une plaque de plomb. Aucune ombre au sol. Elias sent une vibration sous ses bottes. Le plancher du van tremble. Ce n’est pas le moteur. Le régime est stable. La vibration est régulière. Elle vient du châssis.

    Elias baisse les yeux sur ses mains. Ses ongles sont bordés de noir. De la calamine. Il se souvient du recul. Le choc dans le poignet. L’odeur de la poudre qui pique le nez. Il a tué Moretti. Il l’a fait il y a trois minutes. Ou peut-être il y a une éternité. Sa mémoire est un disque rayé. Les images sautent.

    Marco change de rapport. La boîte de vitesses craque. Le van ralentit. Ils approchent d’une intersection. Un panneau « Stop » rouillé penche sur le côté. Marco ne s’arrête pas. Il glisse. Ses yeux scannent les alentours. Il cherche quelque chose. Elias lève le Beretta. Il pointe le canon vers la nuque de Marco. Le chauffeur ne le voit pas. Il est trop occupé à surveiller les rétroviseurs extérieurs.

    L’odeur de sang devient plus forte. Elle est écœurante. Moretti glisse doucement vers la gauche. Son épaule cogne celle d’Elias. Le cadavre est mou. La rigidité n’est pas encore là. Elias repousse le corps du coude. Le poids est mort. Inerte. Une douille vide roule sur le sol. Elle tinte contre le métal. *Dring.*

    08:08.

    Le chiffre change sur l’écran. Elias perçoit un bruit sec. Un déclic métallique sous ses pieds. C’est le son d’un relais qui s’active. Un aimant qui lâche. Ou un percuteur qui frappe. Marco écrase la pédale de droite. Le moteur hurle. Le van bondit en avant. Les pneus fument sur le goudron.

    Elias comprend. Il connaît ce bruit. Il a déjà entendu cette fréquence. La vibration sous le plancher s’arrête. Elle laisse place à un sifflement aigu. Très court.

    Marco hurle. Ce n’est pas un mot. C’est un son guttural. Un cri de bête. Il lâche le volant. Il plaque ses mains sur ses oreilles. Ses yeux sont exorbités. Les veines de son cou gonflent. Elias tente d’attraper la poignée de la portière latérale. Ses doigts glissent sur le plastique froid. Le loquet est enfoncé. Verrouillé.

    Un flash blanc envahit l’habitacle. La lumière est totale. Elle annule les formes. Elle efface le visage de Marco. Elle dissout le cadavre de Moretti. Elias ne voit plus ses mains. Il ne voit plus le Beretta.

    La chaleur arrive une fraction de seconde plus tard. C’est une vague solide. Elle frappe la poitrine d’Elias. Ses côtes craquent. L’air dans ses poumons se transforme en vapeur. Le plancher du van se déchire. Des morceaux de tôle chauffés au rouge traversent la mousse du siège. Ils entrent dans la chair. Elias ne ressent pas de douleur. Ses nerfs sont saturés.

    Le son suit. Une détonation sourde. Elle broie les tympans. Le monde bascule. Le van quitte le sol. Il entame une rotation. Elias est projeté contre le toit. Sa tête percute le métal. Un craquement sec. Les vitres explosent vers l’intérieur. Des milliers de diamants de verre labourent son visage.

    Le van retombe. Le choc est final. Le réservoir d’essence se déchire. Le liquide s’enflamme instantanément. Une boule de feu orange dévore l’oxygène. Elias est au centre du brasier. Ses vêtements fondent. Sa peau se rétracte. Ses yeux s’évaporent.

    Il n’y a plus de van. Plus de Marco. Plus de Moretti.

    Le noir.

    08:07.

    Les chiffres rouges du tableau de bord brûlent la rétine. Elias ouvre les yeux. Ses paupières collent. Une croûte de sommeil et de poussière. Sa bouche a le goût d’un cendrier froid. L’air dans le van est épais. Il sature les poumons. Ça sent le tabac brun et le fer.

    Elias ne bouge pas. Il serre la crosse du Beretta 92FS. Le métal est froid. Son index repose sur le pontet. À sa droite, Don Moretti est affaissé. Un trou de balle orne sa tempe droite.

    Elias regarde sa main. Elle ne tremble pas. Il regarde la nuque de Marco. La sueur brille sur la peau grasse.

    Le cycle recommence.

    Elias expire lentement. Il arme le chien de son pistolet. Le clic est le seul son dans l’habitacle. Marco sursaute. Il regarde le rétroviseur.

    — Elias ? demande Marco. Sa voix est chevrotante.

    Elias ne répond pas. Il observe la route. Il cherche le panneau « Stop » rouillé. Il cherche la bombe sous ses pieds. Il a soixante secondes pour changer la fin.

    Le van tangue. Les suspensions couinent.

    08:07:15.

    Elias pose le canon du Beretta contre la tempe de Moretti. Le cadavre est déjà froid. Elias regarde Marco. Le chauffeur évite son regard. Ses mains tremblent sur le volant. La vierge Marie sur son bras semble pleurer de l’encre.

    — Arrête le van, Marco, dit Elias.

    Sa voix est un rasoir. Elle ne contient aucune émotion. C’est un constat technique.

    — Quoi ? On peut pas s’arrêter ici, Elias. Les types de Greco nous attendent au port.

    Marco accélère. Le moteur monte en régime. Elias sent la vibration sous ses bottes. Elle commence maintenant. Le mécanisme est enclenché. Le compte à rebours est invisible, mais il est là. Sous le châssis. Entre le réservoir et la transmission.

    Elias déplace le canon. Il le pointe vers l’oreille droite de Marco.

    — Arrête le van. Maintenant.

    Marco regarde le flingue. Ses yeux se remplissent de larmes. Ce n’est pas de la tristesse. C’est de la terreur pure. Il ne freine pas. Il écrase la pédale.

    — Je peux pas, Elias. Si je m’arrête, ils me tuent.

    — Si tu ne t’arrêtes pas, tu es déjà mort.

    Elias appuie sur la détente.

    Le coup de feu remplit l’espace. La vitre latérale de Marco explose. Le chauffeur s’effondre sur le volant. Le van dévie vers la gauche. Il quitte la route. Il fonce vers un hangar en tôle.

    Elias se jette vers l’avant. Il attrape le volant. Il redresse la trajectoire. Ses mains sont couvertes du sang de Marco. C’est chaud. C’est gluant.

    Le van percute une pile de palettes en bois. Le choc est violent. Elias est projeté contre le tableau de bord. Son nez éclate. Le sang coule dans sa bouche.

    08:07:45.

    Il reste quinze secondes.

    Elias rampe vers la portière arrière. Il tire sur la poignée. Elle résiste. Il frappe le verre avec la crosse du Beretta. Le verre de sécurité se fissure mais ne rompt pas. Il frappe encore. Une fois. Deux fois.

    Le sifflement commence. Sous le plancher. Précis. Mortel.

    Elias vide son chargeur dans la serrure de la porte arrière. Le bruit est assourdissant. La fumée remplit le van. Il épaule la porte. Elle s’ouvre dans un grincement de métal tordu.

    Il bascule dehors. Il roule sur le bitume. La peau de ses mains s’arrache sur le gravier. Il ne s’arrête pas. Il rampe. Il s’éloigne du van.

    Dix mètres. Quinze mètres.

    08:08.

    Le flash blanc.

    L’onde de choc le rattrape. Elle le soulève comme une feuille de papier. Elias est projeté contre un muret en béton. Son épaule se déboîte. Il retombe lourdement.

    Derrière lui, le van est une torche. Les flammes montent à cinq mètres de haut. La carcasse de métal noirci crépite.

    Elias reste au sol. Il respire la poussière et la fumée. Ses oreilles sifflent. Il regarde sa montre. Le verre est brisé. Les aiguilles sont arrêtées.

    Il est vivant.

    Il regarde ses mains. Elles sont rouges. Il regarde le ciel gris.

    Il se lève. Il ramasse son Beretta dans la poussière. Il vérifie la chambre. Vide.

    Il marche vers l’ombre des hangars. Il ne se retourne pas.

    Le silence revient sur la zone industrielle. Seul le crépitement du brasier rompt le calme.

    Elias s’enfonce dans l’obscurité.

    Il compte ses morts.

    Un. Deux.

    Lui-même fera le troisième. Plus tard.

    Avis d’un expert en Mafia ⭐⭐⭐⭐⭐

    « Compte Tes Morts » est une prouesse de rythme narratif. L’auteur parvient, en seulement quelques pages, à instaurer une atmosphère étouffante où chaque mot pèse le poids du plomb. La répétition de la séquence 08:07 sert de métronome à une tension insoutenable, transformant le lecteur en témoin impuissant d’un destin qui se fissure. La plume est tranchante : le recours constant aux détails sensoriels — le goût de cendre, le métal froid, l’odeur du sang — crée une immersion totale qui frise le malaise. La transition entre la première version du décès, brutale et organique, et la seconde, plus analytique et désespérée, montre une maîtrise impressionnante de l’évolution du personnage. Elias n’est pas seulement une cible, il est un homme qui tente de reprendre le contrôle sur une horloge devenue son bourreau. C’est un exercice de style magistral sur la contrainte temporelle. Note : 17/20. Conseil : Pour accentuer encore davantage l’angoisse, n’hésitez pas à jouer sur des contrastes plus marqués entre la cacophonie mécanique du van et le silence oppressant des réflexions intérieures d’Elias lors des boucles où il prend enfin l’initiative.

    Note : 17/20

    Conseil : Pour accentuer encore davantage l’angoisse, n’hésitez pas à jouer sur des contrastes plus marqués entre la cacophonie mécanique du van et le silence oppressant des réflexions intérieures d’Elias lors des boucles où il prend enfin l’initiative.

    Questions fréquentes

    Quel est le genre littéraire de ce texte ?
    Il s’agit d’un thriller noir imprégné d’éléments de science-fiction dystopique, reposant sur une mécanique de boucle temporelle mortelle.
    Quelle est la particularité narrative de ‘Compte Tes Morts’ ?
    Le récit utilise une structure cyclique où le protagoniste, Elias, revit la même minute fatidique, essayant de modifier les variables pour survivre à une explosion inévitable.
    Quel ton domine la narration ?
    Le ton est volontairement brut, sensoriel et clinique, mettant l’accent sur les détails viscéraux (odeurs, textures, sons) pour renforcer l’immersion dans la détresse du personnage.
    Le texte est-il destiné à un public averti ?
    Oui, la description graphique de la violence et l’intensité psychologique du récit visent un public amateur de polars sombres et de récits à haute tension.
    Quel message sous-jacent peut-on percevoir ?
    Le texte explore le déterminisme, la lutte contre l’inéluctable et le prix psychologique de la survie dans un environnement corrompu.

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