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一个梦者的日记

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CHAPITRE 1 — LE JOUR OÙ LE RÉEL A COMMENCÉ À CLIGNOTER

Je ne suis pas en train de te vendre une théorie pour faire joli. Je te parle de ce que je ressens, de ce que je vois, de ce que j’entends dans le bruit du monde. Je te parle d’un vertige qui …

Description

Sommaire

  • 第一章 — 现实开始闪烁之日
  • 第二章 —— 证据的谋杀
  • 第三章 — 虚假之厂
  • 第四章——沙坑
  • 第五章 —— 2025年三重困境(与第四道门)
  • 第六章 —— 双生子(作为关卡的行星)
  • 第七章 — 你的隐形分身(当你变得有迹可循)
  • 第八章 —— 线缆(当心灵化作港口)
  • 第九章 — 死亡(最伟大的调校)
  • 第十章 —— 自由意志(或:最有利可图的错觉)
  • 第十一章 —— 意义(美作为陷阱,或作为符号)
  • 第十二章 —— 终极之问(及梦者的誓约)
  • 第十三章 —— 变更日志(或:我是如何将历史视为版本日志的)

    Résumé

    CHAPITRE 1 — LE JOUR OÙ LE RÉEL A COMMENCÉ À CLIGNOTER

    Je ne suis pas en train de te vendre une théorie pour faire joli. Je te parle de ce que je ressens, de ce que je vois, de ce que j’entends dans le bruit du monde. Je te parle d’un vertige qui ne vient pas d’un film, mais d’un détail. Un petit truc. Un clignement. Comme quand tu regardes une lumière et qu’elle ne scintille pas vraiment… mais ton cerveau jurerait qu’elle a clignoté.

    Moi, je suis un rêveur. Pas le rêveur qui flotte et qui oublie de vivre. Le rêveur qui regarde trop longtemps, qui écoute trop fort, qui relie les points jusqu’à ce que ça fasse peur. Je suis ce type qui se demande pourquoi l’air a une odeur, pourquoi l’eau a un goût, pourquoi un coucher de soleil peut te retourner l’âme, pourquoi on a de l’oxygène au bon dosage, une gravité pas trop violente, un corps qui cicatrise, un cœur qui bat tout seul comme une machine parfaite. Je suis ce type qui se demande : “Mais c’est quoi la probabilité ?” Pas la probabilité d’un tirage au sort. La probabilité d’un monde entier.

    Avant, ces questions restaient dans la tête. Ça faisait partie des nuits, des discussions tardives, des “et si…”. Aujourd’hui, elles sortent de l’écran et elles s’installent dans la journée. Parce qu’un truc a changé. Pas la philosophie. Pas les religions. Pas les livres. La matière même du réel, ce qu’on utilise pour se convaincre : les images, les voix, les preuves, les traces.

    Il y a eu une époque où une vidéo te clouait le bec. Tu pouvais te battre avec quelqu’un sur une histoire, sur un souvenir, sur une rumeur. Mais au moment où quelqu’un sortait une vidéo, fin du débat. La vidéo, c’était le marteau du juge. “Regarde.” Et c’était réglé.

    Maintenant, “regarde” ne règle plus rien. “Regarde” ouvre une autre porte : “Ok… mais est-ce que c’est vrai ?” Et ce doute-là, il ne ressemble pas au doute d’avant. Avant, on doutait des gens. Aujourd’hui, on doute du réel lui-même. On doute de la peau, des ombres, des accidents, de la poussière, du vent dans les cheveux, du tremblement d’une main. On doute de tout ce qui, avant, prouvait.

    C’est ça, le clignement.

    Je suis né dans un monde où le faux était compliqué. Faire un montage, c’était un talent. Faire un mensonge crédible, c’était du travail. Le réel avait une inertie. Il résistait. Tu pouvais tricher, oui, mais tu laissais des coutures.

    Et puis un jour, les coutures ont disparu. Pas parce que les gens sont devenus plus honnêtes. L’inverse. Parce que la machine a appris à mentir sans effort. Et quand le mensonge devient facile, il ne reste plus qu’une question : qu’est-ce qui est vrai, alors ?

    Je ne parle pas juste des “fakes” rigolos. Je parle de cette sensation bizarre quand tu vois une scène et que ton cerveau n’arrive plus à décider. Tu sais… ce moment où tu n’as pas d’argument, pas de preuve que c’est faux, mais quelque chose en toi se rétracte. Comme un animal qui sent un danger sans le voir. Tu peux te dire “je suis parano”, mais tu sais au fond que tu n’es pas parano : tu es adapté à une nouvelle époque.

    Et l’époque, elle te force à faire un truc humiliant. Elle te force à te présenter.

    On en est là : sur internet, tu dois parfois écrire “je suis un humain”. Tu dois cocher des cases, résoudre des petites énigmes, prouver que tu sais reconnaître un feu tricolore ou un passage piéton, comme si ton existence était un formulaire. Et bientôt, j’en suis sûr, ce sera l’inverse : tu devras écrire “je ne suis pas une IA” pour avoir le droit de parler, pour avoir le droit d’être cru, pour avoir le droit d’exister aux yeux d’un système.

    Tu sens la violence symbolique ? L’humanité devient une identité administrative. Une authentification. Un badge.

    Je me souviens d’un truc tout bête. Un soir, je voulais juste poster un message, répondre à quelqu’un, exister deux minutes dans le flux. Et je me retrouve face à une grille d’images : “Clique sur toutes les cases où tu vois un bus.” Puis “les vélos”. Puis “les feux”. Encore. Encore. Et à un moment, j’ai ri… mais c’était un rire nerveux. Parce que j’ai senti le renversement : ce n’est plus moi qui utilise internet, c’est internet qui m’évalue. Je dois prouver que j’ai un regard humain, que je reconnais le monde, que je suis né ici, que j’ai vu des bus de mes yeux.

    Et ce qui est fou, c’est que même ça, ça ne suffira plus. Parce qu’un bot apprend. Un bot regarde. Un bot clique. Un bot peut devenir meilleur que toi à reconnaître des bus. Alors on passera à autre chose. On te demandera de bouger ta souris d’une certaine façon, de respirer devant une caméra, de te filmer, de parler, de montrer ta peau, ton iris, ta démarche… et là tu comprends que l’humain, dans un monde d’imitations, devient une donnée biométrique. Ton existence se résume à des signatures. À des empreintes.

    Et je ne te parle même pas des fois où je vois des commentaires sous des vidéos : “Dis un mot pour prouver que c’est toi.” On en est là. Une star doit prouver qu’elle n’est pas une copie. Un inconnu doit prouver qu’il est réel. Tout le monde se justifie. Comme si la société entière était devenue une salle d’interrogatoire, mais version silencieuse, version quotidienne, version banale.

    Et là, dans ma tête de rêveur, une autre porte s’ouvre. Une porte que je ne peux plus refermer.

    Parce que si on en est à ce point, c’est que le faux n’est plus une exception. Le faux devient un climat. Un décor permanent. Une brume. Et quand tout peut être fabriqué, la valeur se déplace : ce n’est plus “est-ce que c’est vrai ?” C’est “qui a intérêt à ce que tu y crois ?” C’est “à quoi ça sert ?” C’est “quel système te parle ?”

    Je vais te dire un truc simple : le monde est en train de devenir programmable.

    Pas seulement les images. Pas seulement les voix. Le monde.

    Regarde ce qui se passe dans la robotique. On n’est plus sur “un robot marche, un robot tombe”. On est sur des fermes de calcul où des robots apprennent en accéléré, dans des univers de simulation, à tomber mille fois, dix mille fois, sans jamais se casser. Ils apprennent la chute comme toi tu apprends à marcher : par répétition. Mais eux, ils répètent à une vitesse que ton corps n’a jamais connue. Ils vivent des années d’échecs en une journée. Et ce qui sort de là, ce n’est pas un jouet. C’est une créature d’algorithmes qui arrive dans le monde réel avec un bagage d’expérience synthétique.

    Quand j’ai compris ça, j’ai eu un frisson. Parce que la simulation, ce n’est plus un concept de philosophe. C’est un outil d’ingénieur. Un outil banal. Un outil rentable. Un outil normal.

    Et là, mon cerveau fait le même mouvement qu’une caméra qui zoome. Il recule pour prendre l’image entière.

    Si nous, aujourd’hui, nous sommes capables de fabriquer des mondes où des entités apprennent, échouent, recommencent, et finissent par se tenir debout… alors la question n’est plus “est-ce possible ?” La question devient : “combien de mondes ?” Combien d’essais ? Combien de versions ? Combien de copies ? Combien de laboratoires ?

    Et surtout : si nous y allons, pourquoi personne n’y serait allé avant nous ?

    Tu comprends ? Ce n’est pas une phrase de science-fiction. C’est une logique froide. Si une civilisation, à un moment, atteint un niveau où elle peut simuler des mondes et y mettre des consciences — ou même juste des comportements si complexes qu’ils ressemblent à des consciences — alors elle a la possibilité de multiplier les réalités. Et si elle les multiplie, la réalité “originale” devient statistiquement noyée. Pas parce qu’elle disparaît. Parce qu’elle devient rare.

    Je sais ce que tu vas me dire : “Oui, mais on n’a pas encore la sauvegarde de la conscience.” On n’a pas encore le bouton “exporter l’âme”. Je suis d’accord. Mais je regarde la trajectoire, pas la photo. Je regarde la flèche, pas le point.

    On commence déjà à brancher le cerveau à la machine. On commence déjà à lire des signaux, à faire bouger un curseur avec une pensée, à redonner des gestes. C’est encore fragile, encore brut, encore limité. Mais c’est la première pierre. Le premier connecteur. La première preuve que l’esprit peut, au moins partiellement, se traduire en information exploitable.

    Et dès que tu poses cette pierre, tu autorises la suite. Parce que la suite, ce n’est plus “si”. C’est “jusqu’où”.

    Jusqu’où on peut augmenter ? Jusqu’où on peut réparer ? Jusqu’où on peut copier ? Jusqu’où on peut émuler ? Jusqu’où on peut enregistrer ? Jusqu’où on peut jouer une personne comme on joue une musique ?

    Je te dis ça parce que dans ce livre, je ne veux pas faire semblant d’être neutre. Je ne suis pas neutre. Je suis fasciné. Et terrifié. Et excité. Et triste. Parce que je sens qu’on est en train de traverser une frontière invisible, et qu’on fait comme si c’était normal.

    Cette frontière, c’est celle-ci : le réel perd son statut d’autorité.

    Avant, la réalité avait le dernier mot. Tu pouvais raconter ce que tu voulais, un mur restait un mur, une brûlure faisait mal, un mensonge finissait par se heurter à quelque chose.

    Aujourd’hui, le mur existe, oui, mais ton cerveau vit déjà dans deux mondes : celui que tu touches et celui que tu regardes. Et celui que tu regardes peut être refait, retouché, recalculé, recomposé, sans que tu le voies. Tu peux vivre des émotions pour des événements qui n’ont jamais eu lieu. Tu peux haïr une personne sur une scène qu’elle n’a jamais jouée. Tu peux tomber amoureux d’un visage qui n’a jamais respiré.

    Le rêve, avant, c’était la nuit. Maintenant, le rêve a un bouton “play”.

    Et plus je regarde cette époque, plus je vois une ironie : on pensait que la technologie allait nous donner des certitudes. Elle fait l’inverse. Elle rend tout malléable, contestable, duplicable. Et quand tout est duplicable, le cerveau revient à ses questions primitives : “Pourquoi moi ? Pourquoi ici ? Pourquoi ce monde-là ?”

    Parce que oui, je pense à ces probabilités comme à des pièces alignées sur la tranche. La bonne distance au soleil. La bonne chimie. L’oxygène au bon dosage. Une gravité qui ne nous écrase pas. La vie qui s’accroche, qui complexifie, jusqu’à produire des êtres capables d’aimer et de créer. Tu peux appeler ça “chance”. Moi, ça me donne une autre sensation : celle d’un résultat.

    Et si on pousse la logique au bout, il y a ce fantasme qu’on n’ose pas dire trop fort : sauvegarder. Copier. Revenir. Transférer. Je ne dis pas que c’est pour demain matin. Je dis juste que le fait qu’on le vise révèle un basculement : on ne traite plus la conscience comme un mystère sacré. On la traite comme un problème d’ingénierie.

    Alors je reviens à ma question, encore, comme un refrain qui refuse de mourir : si nous allons vers ça à cette vitesse… pourquoi ce chemin serait-il vierge ?

    Tu vois pourquoi ça me travaille ? Parce que quand tu regardes la beauté du monde — la précision des lois, la stabilité, l’équilibre, la façon dont la matière obéit, la façon dont la vie apparaît, la façon dont un être peut se regarder dans un miroir et dire “je” — tu peux te dire “c’est un miracle”. Ou tu peux te dire “c’est un hasard colossal”. Ou tu peux te dire autre chose : “c’est un résultat.”

    Un résultat de quoi ? Je ne sais pas encore. Et je ne vais pas tricher en te disant que j’ai une certitude. Je n’ai pas une certitude, j’ai une obsession. Et cette obsession, je vais la dérouler devant toi, sans filtres, sans costumes, comme un rêve lucide où tu sais que tu rêves mais où tu choisis de rester.

    Dans les pages qui viennent, je vais te montrer comment on est arrivé ici. Comment la preuve s’est fissurée. Comment l’identité s’est brouillée. Comment le faux est devenu une industrie. Comment la simulation est devenue un outil. Comment l’homme s’est mis à se traiter lui-même comme un système à hacker. Comment on est en train de rendre plausible l’idée d’un “vrai faux monde”.

    Et à chaque étape, je vais te ramener à la question qui me hante, celle qui ne me laisse pas dormir quand le silence revient :

    Si nous sommes capables de le faire… pourquoi ne l’aurait-on pas déjà fait ?

    Parce qu’au fond, ce livre n’est pas une théorie. C’est un miroir. Et ce miroir, il ne te montre pas seulement le futur. Il te demande si tu sais reconnaître le présent.

    Et si tu as un frisson, là, maintenant, en lisant ces lignes… c’est que toi aussi, quelque part, tu as vu le réel clignoter.

    …Et le plus drôle, c’est que même quand tu sais tout ça, ton cerveau continue à tomber dans le piège.

    Je vais te raconter un truc simple. Je suis sur mon téléphone, un matin, café à la main. Je scrolle, comme tout le monde. Et je tombe sur une vidéo. Une scène “normale”. Un gars qui parle, un décor banal, une lumière un peu moche, donc tu te dis : “ok c’est réel”. Pas de filtre. Pas de mise en scène hollywoodienne. Juste une tranche de vie.

    Sauf que mon cerveau ne l’avale plus.

    Avant, je regardais une vidéo et je jugeais le contenu : est-ce que c’est intelligent ? est-ce que c’est con ? est-ce que ça me touche ? Maintenant, avant même d’arriver au contenu, je juge l’existence. Je juge la réalité de la scène. Je suis devenu un douanier du réel. Un flic sans uniforme. Et c’est épuisant.

    Tu sais ce que ça fait ? C’est comme si tu vivais dans un monde où n’importe qui peut imprimer des billets parfaits. Au début, tu continues à payer. Et puis un jour tu commences à toucher les billets, à les plier, à les regarder à la lumière, à chercher le filigrane. Pas parce que tu es parano. Parce que c’est devenu rationnel.

    Bienvenue dans 2025 : on cherche le filigrane sur les visages.

    Et là, tu comprends un truc très important pour tout le livre : ce n’est pas juste une histoire de technologie. C’est une histoire de psychologie. Le choc n’est pas “les machines font du faux”. Le choc, c’est ce que ça fait à l’esprit humain quand la preuve perd son statut.

    Quand la preuve tombe, tout ce qui reste, c’est la foi. Mais pas la foi religieuse. La foi sociale. La foi dans un système. La foi dans une source. La foi dans un clan. Tu ne crois plus parce que tu as vu : tu crois parce que “ça vient de chez nous”. Tu crois parce que “ça ressemble à ce qu’on pense déjà”. Tu crois parce que “ça confirme”. Et là, tu vois le danger : le faux ne détruit pas seulement la vérité, il détruit la possibilité même de se mettre d’accord sur quelque chose.

    Et moi, rêveur, je regarde ça comme un film qui devient trop réel.

    Parce que l’étape d’après, elle est déjà en train de naître sous nos yeux : si la preuve visuelle meurt, on va inventer une nouvelle preuve. Pas une preuve “vécue”. Une preuve “signée”.

    Tu le vois déjà venir : des labels, des badges, des certificats. “Authentique.” “Vérifié.” “Original.” Une espèce de tampon officiel posé sur le contenu, comme si la vérité devait désormais passer par une administration.

    Et là, je me surprends à penser un truc presque intime, presque obscène :

    On est en train de transformer le réel en document.

    Avant, le réel était un fait. Maintenant, il devient une pièce justificative.

    Tu te rends compte de l’humiliation cosmique ? L’univers, ce truc gigantesque, devient une paperasse. Il faut un cachet. Il faut une signature. Il faut un “oui, c’est bien sorti de la bonne machine”. Sinon, c’est suspect.

    Et c’est là que mon cerveau de rêveur décroche complètement, parce que je vois l’ironie dans toute sa violence :

    Si un jour on arrive à fabriquer des mondes entiers, des mondes où tout est cohérent, stable, physique, logique… tu crois qu’on ne leur mettra pas aussi des signatures ? Tu crois qu’on ne leur mettra pas des règles, des limites, des systèmes de cohérence, des “lois” ? Tu crois qu’un monde simulé ne serait pas, justement, un monde où tout est “tamponné” par le moteur ?

    Et là, je tombe sur une pensée que je n’aime pas… mais elle revient toujours :

    Et si les lois de la physique étaient déjà des signatures ?

    Je ne dis pas “c’est sûr”. Je dis “regarde l’idée”. Regarde comme elle s’insinue. Parce qu’en 2025, on n’est plus en train de parler d’une simulation comme d’un fantasme de nerd. On parle d’un monde où on simule déjà pour apprendre, pour entraîner, pour accélérer. On simule le mouvement, les chocs, les chutes, les trajectoires. On simule l’environnement. On simule la lumière. On simule la matière. On simule pour gagner du temps, pour gagner de l’argent, pour gagner du pouvoir.

    Et ce que je trouve fou, c’est que cette logique-là est une logique de production. C’est industriel.

    C’est là où ça devient plus que puissant.

    Parce que l’industrie, elle ne s’arrête jamais au “ça marche”. Elle va au “ça scale”. Elle va au “plus vite”. Elle va au “plus grand”. Elle va au “moins cher”. Elle va au “multiplié par mille”.

    Donc quand je vois des simulations tourner en boucle, des robots apprendre dans des mondes parallèles, des images inventées plus crédibles que des souvenirs… je ne me dis pas “wow, c’est impressionnant”. Je me dis :

    Ok. On a ouvert une usine.

    Une usine à réalités.

    Et moi, dans cette usine, je regarde la chaîne de production et je vois les étapes :

    Étape 1 : on fabrique l’image.
    Étape 2 : on fabrique la voix.
    Étape 3 : on fabrique l’interaction.
    Étape 4 : on fabrique le corps (robotique, capteurs, gestes, apprentissage).
    Étape 5 : on branche le cerveau.
    Étape 6 : on ferme la boucle.

    Quand la boucle est fermée, tu as quoi ? Tu as une expérience complète. Une expérience qui peut être plus stable, plus jolie, plus contrôlée, plus addictive que le réel brut. Et là, le “vrai” perd son avantage historique.

    Parce que l’avantage du vrai, pendant des millénaires, c’était : “tu ne peux pas le trafiquer”. Maintenant, on commence à pouvoir tout trafiquer. Et quand tout est trafiquable, le vrai devient… une option parmi d’autres.

    Tu vois le piège ? Ce n’est pas la machine qui tue le réel. C’est nous qui acceptons la substitution, parce qu’elle est plus confortable, plus efficace, plus rentable, plus sexy.

    Et c’est exactement là que je veux t’emmener dans ce livre : pas dans une théorie froide. Dans une intuition brûlante.

    La question n’est pas : “Est-ce qu’on vit dans une simulation ?”

    La question, plus dangereuse, c’est :
    “À partir de quand ça ne fera plus de différence ?”

    Parce que si tu peux te lever le matin, parler à des entités indiscernables, regarder des scènes indiscernables, vivre des émotions indiscernables… à quel moment tu peux encore dire que tu es dans “le réel” avec la certitude d’avant ?

    Et moi, je vais encore plus loin, parce que je suis comme ça : je pousse jusqu’au malaise.

    Je me dis : imaginons que demain, on construise un monde synthétique parfait, un vrai faux monde, avec un niveau de détail qui dépasse la perception humaine. Qu’est-ce qu’on met dedans ? Des personnages. Des vies. Des histoires. Des consciences peut-être, ou des approximations si bonnes qu’on n’a plus le droit de faire la différence.

    Et là, je reviens toujours à ce point, comme une obsession :

    Si on est en train d’apprendre à le faire… pourquoi ce monde-là serait le premier ?

    Pourquoi l’univers aurait attendu 2025 pour commencer cette histoire ?

    Pourquoi nous, maintenant, avec nos GPU, nos réseaux, nos laboratoires… serions-nous la pointe absolue, la première civilisation à ouvrir cette porte ?

    Tu sens comme ça fait mal à l’ego humain ? On aime se croire “le début” ou “la fin”. Mais statistiquement, c’est rarement nous. Statistiquement, on est souvent au milieu de quelque chose. Dans une série. Dans une lignée. Dans un empilement.

    Alors je me pose une question simple, et elle est monstrueuse :

    Et si notre réalité était déjà… une version ?

    Pas “le monde”. Une version du monde. Une itération. Un build. Un patch.

    Et là, évidemment, ton cerveau se débat, parce que c’est trop. Parce que ça te donne l’impression de devenir fou. Mais moi je ne veux pas que tu deviennes fou. Je veux que tu regardes, calmement, comment on en est arrivé à ce point où cette idée devient plausible.

    Donc je vais poser une règle dès maintenant, une règle de rêveur lucide :

    Je ne te demande pas de croire.
    Je te demande de suivre la flèche.

    La flèche, elle pointe vers un endroit très précis : un monde où l’on ne distingue plus à l’œil nu le naturel du synthétique. Et quand cette frontière disparaît, le plus grand choc n’est pas technique. Il est existentiel.

    Parce que notre identité entière repose sur une idée simple : “je vis dans un monde réel”.

    Si tu retires cette certitude… tout change.

    Dans le prochain chapitre, je vais te montrer comment on a tué la preuve — étape par étape — et pourquoi, quand la preuve meurt, l’humanité entre dans une époque où la vérité devient une guerre de systèmes, pas une question de faits.

    Et tu verras : ce n’est pas une théorie. C’est déjà en cours.

    Avis d’un expert en Bestseller ⭐⭐⭐⭐⭐

    « Un rêveur dans le miroir » : Cette œuvre marque une rupture dans la littérature réflexive contemporaine. En choisissant d’aborder la question de la simulation non pas par le prisme aride de la physique quantique, mais par celui du vécu quotidien et de l’angoisse cognitive, l’auteur parvient à rendre palpable le ‘clignement’ du réel. Sa plume est incisive, presque hypnotique, transformant des concepts complexes comme la biométrie, la robotique et la vérifiabilité en une expérience sensorielle immédiate. Le livre réussit là où beaucoup d’essais échouent : il ne cherche pas à convaincre par la démonstration académique, mais à déstabiliser par la justesse de l’observation. C’est une plongée nécessaire dans la psychologie de 2025, où l’humain devient, par nécessité, un douanier de sa propre existence. Note : 17/20. Conseil : Lisez ce livre par petites doses, comme une suite de méditations, pour permettre à l’esprit d’intégrer progressivement la remise en question du socle sur lequel repose votre propre réalité.

    Note : 17/20

    Conseil : Lisez ce livre par petites doses, comme une suite de méditations, pour permettre à l’esprit d’intégrer progressivement la remise en question du socle sur lequel repose votre propre réalité.

    Questions fréquentes

    Ce livre est-il un essai technique sur l’intelligence artificielle ?
    Non, bien que la technologie soit omniprésente, l’ouvrage est une exploration philosophique et existentielle sur la perception du réel à l’ère de la synthèse numérique.
    L’auteur prétend-il réellement que nous vivons dans une simulation ?
    L’auteur n’affirme pas une vérité absolue, mais propose une réflexion sur la probabilité statistique et l’évolution technologique qui rendent l’hypothèse de la simulation de plus en plus plausible et troublante.
    À quel public ce récit s’adresse-t-il ?
    Il s’adresse à toute personne curieuse de comprendre les mutations psychologiques et sociales provoquées par l’effacement des frontières entre le vrai et le faux.
    Quel est le point central de la thèse exposée dans le premier chapitre ?
    La thèse est que la ‘preuve’ visuelle et matérielle, autrefois pilier de notre rapport au réel, s’est effondrée, faisant basculer l’humanité vers une ère où la vérité est une question de confiance dans un système plutôt que de faits vérifiables.
    Le ton du livre est-il pessimiste ou optimiste ?
    Le ton est hybride : fasciné, inquiet, lucide et parfois mélancolique. L’auteur cherche moins à juger qu’à observer le vertige de notre époque.

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