Availability: In Stock

Vise Bien

SKU: IL938230792

3,00 

Le goudron de Palerme a un goût de fer et de poussière. Lorenzo Greco écrase sa joue contre le sol humide. L’odeur des ordures brûlées remplit ses narines. Sofia Vitale pèse sur ses lombaires. Elle maintient son genou dans ses reins. Sa lame de quinze centimètres presse la carotide de l’homme. Le mé…

Description

Sommaire

  • Ordre Zéro
  • Vitesse Limite
  • Chambre 14
  • La Dette
  • Plein d’Essence
  • L’Aveu
  • Le Serment de Plomb
  • Jasmin et Poudre
  • Marbre Rouge
  • Cible Vide

    Résumé

    Le goudron de Palerme a un goût de fer et de poussière. Lorenzo Greco écrase sa joue contre le sol humide. L’odeur des ordures brûlées remplit ses narines. Sofia Vitale pèse sur ses lombaires. Elle maintient son genou dans ses reins. Sa lame de quinze centimètres presse la carotide de l’homme. Le métal est froid. Le tranchant entame l’épiderme. Une goutte de sang coule le long du cou de Lorenzo. Il ne bronche pas. Ses mains sont à plat sur le sol. Ses doigts grattent le bitume.

    La ruelle est une impasse borgne. Un réverbère clignote au-dessus d’eux. La lumière orange saute. Elle dessine des ombres saccadées sur les murs lépreux. Le silence est lourd. Puis la radio à la ceinture de Sofia crépite. Un son de friture. Une voix d’homme s’élève dans le haut-parleur. Elle est monocorde. Elle dit : « Ordre Zéro. Je répète. Ordre Zéro. »

    Sofia fige son geste. Sa main tremble imperceptiblement. Lorenzo sent la pression de la lame varier. Le code est clair. La guerre des clans s’arrête. Les Greco et les Vitale fusionnent. Les anciens comptes s’effacent. Les témoins gênants disparaissent. Lorenzo et Sofia sont les témoins. Ils sont les restes d’une décennie de sang. Ils sont désormais des cibles.

    Un bruit de moteur s’approche. Des pneus crissent sur les pavés à l’entrée de la ruelle. Des phares blancs balayent les murs de briques. Une berline noire stoppe net. Les portières claquent. Quatre hommes sortent. Ils portent des vestes sombres. Ils tiennent des pistolets-mitrailleurs MP5. Ils ne posent pas de questions.

    Le premier tir pulvérise une bouteille en verre à dix centimètres de la tête de Lorenzo. Les éclats de verre cinglent sa peau. Sofia bascule en arrière. Elle lâche son couteau. Elle attrape Lorenzo par le col de sa veste en cuir. Elle tire.

    « Bouge », grogne-t-elle.

    Lorenzo roule sur le côté. Il sort son Beretta 92FS de son holster de hanche. Le cran de sûreté claque. Il tire trois fois vers l’entrée de la ruelle. Les flammes de départ illuminent son visage balafré. Une balle percute le pare-brise de la berline. Une autre loge dans l’épaule d’un tireur. L’homme tombe. Les autres se mettent à couvert derrière les portières.

    Le feu nourri déchire le crépi du mur. La poussière de chaux sature l’air. Lorenzo et Sofia reculent vers le fond de l’impasse. Ils courent courbés. Leurs épaules se frôlent. Ils ne se regardent pas. Ils visent la même issue. Une porte métallique rouillée mène à une cour intérieure. Lorenzo donne un coup de pied dans la serrure. Le métal cède dans un fracas sourd.

    Ils basculent dans l’ombre. Sofia referme la porte. Elle glisse une barre de fer dans les poignées. Les balles frappent l’acier. Le son est celui d’une cloche fêlée.

    « La voiture », dit Sofia.

    Elle désigne une Alfa Romeo 159 grise garée sous un auvent. Lorenzo court vers le véhicule. Il brise la vitre conducteur avec le pommeau de son Beretta. Il déverrouille la portière. Sofia saute sur le siège passager. Lorenzo arrache le cache sous le volant. Les fils pendent. Il les dénude avec ses dents. Le cuivre est amer. Il frotte les câbles. Le démarreur tousse. Le moteur 1750 TBi rugit.

    Lorenzo enclenche la marche arrière. Les pneus fument sur le ciment. Il percute un tas de palettes en bois. L’Alfa Romeo bondit vers la sortie de la cour. Un portail en grillage barre la route. Lorenzo ne freine pas. Le choc arrache les montants. La voiture débouche sur une rue transversale.

    Derrière eux, la berline noire reprend la chasse. Les phares dans le rétroviseur sont deux yeux menaçants. Sofia recharge son propre pistolet. Un Glock 17. Elle sort le buste par la fenêtre. Le vent fouette ses cheveux courts. Elle tire méthodiquement. Un, deux, trois coups. Elle vise les pneus. La berline noire fait une embardée. Elle percute une camionnette de livraison garée sur le trottoir. Un nuage de vapeur s’échappe de son radiateur crevé.

    Lorenzo tourne le volant à gauche. Il prend les petites rues. Il connaît Palerme. Il évite les grands axes. Il cherche l’accès à l’autoroute A19. Le compteur grimpe. Soixante. Quatre-vingt. Cent kilomètres-heure. Les façades des immeubles ne sont plus que des traînées grises.

    Ils atteignent la bretelle d’accès. Lorenzo écrase l’accélérateur. Le turbo siffle. L’Alfa Romeo s’élance sur le ruban d’asphalte. La ville s’éloigne. Les lumières de Palerme diminuent dans le miroir.

    L’habitacle est saturé par l’odeur de la poudre et de l’essence. Sofia se rassoit. Elle range son arme. Elle regarde ses mains. Elles sont tachées de sang. Le sang de Lorenzo. Elle essuie ses doigts sur son jean.

    « Ils ne s’arrêteront pas », dit-elle.

    Lorenzo garde les yeux fixés sur la route. Ses jointures sont blanches sur le cuir du volant. Sa cicatrice à l’arcade tire.

    « On va vers le Nord », répond-il.

    Sa voix est un râle sec. Il passe la sixième vitesse. L’aiguille du tachymètre indique cent soixante. Le moteur ronronne de manière stable. Le paysage devient noir. Seules les lignes blanches de l’autoroute défilent. Elles ressemblent à des balles traçantes.

    Sofia ouvre la boîte à gants. Elle y trouve un paquet de cigarettes froissé. Elle en allume une. La fumée stagne dans la voiture. Elle ne lui en propose pas. Lorenzo n’en veut pas. Il surveille les rétroviseurs. Rien. Pour l’instant.

    Le silence s’installe. Il est plus violent que les coups de feu. Ils sont deux prédateurs dans une cage de métal. La haine est là. Elle suinte des sièges. Elle vibre dans le plancher. Lorenzo sent la présence de Sofia à sa droite. Elle est une menace constante. Elle est sa seule chance de survie.

    Il serre le volant plus fort. La route monte vers les montagnes. Les virages s’enchaînent. Lorenzo gère les transferts de masse. Il freine tard. Il accélère tôt. La mécanique souffre. Il s’en moque.

    Une pancarte indique Messine. Lorenzo ne ralentit pas. Il dépasse un camion de transport de bétail. L’odeur de fumier pénètre dans l’habitacle. Puis elle disparaît.

    Sofia regarde le tatouage sur son avant-bras. Le décompte des morts. Elle sort un stylo feutre noir de sa poche. Elle ajoute un trait. Le trait est de travers à cause des secousses de la voiture.

    « Pourquoi tu ne m’as pas tuée dans la ruelle ? » demande-t-elle.

    Lorenzo ne tourne pas la tête. Il regarde l’obscurité devant lui.

    « L’ordre Zéro », répond-il. « On meurt ensemble ou on survit ensemble. Pour l’instant. »

    Il coupe les phares un instant pour vérifier si des suiveurs utilisent des lunettes de vision nocturne. Le monde devient un gouffre noir. Il rallume. La route est déserte.

    Le réservoir est à moitié vide. Il faudra s’arrêter. Pas dans une station. Trop de caméras. Trop de témoins. Lorenzo cherche une sortie secondaire. Il connaît des endroits. Des trous à rats. Des hangars où le cash remplace les pièces d’identité.

    L’Alfa Romeo quitte l’autoroute à la sortie de Cefalù. Lorenzo s’engage sur une route côtière sinueuse. La mer Méditerranée est une masse sombre à leur gauche. On entend le ressac contre les rochers.

    Il stoppe la voiture sous un pont ferroviaire. Il coupe le contact. Le silence revient. Il est assourdissant. Le métal du moteur craque en refroidissant.

    Lorenzo sort de la voiture. Il vérifie les alentours. Il tient son Beretta le long de sa cuisse. L’air marin est salé. Il pique sa plaie au cou. Sofia sort à son tour. Elle se tient de l’autre côté du véhicule. Le toit de l’Alfa les sépare.

    Ils se regardent par-dessus la carrosserie grise. Deux fantômes dans la nuit sicilienne. La radio de la voiture est restée allumée. Un grésillement sourd s’en échappe.

    Lorenzo crache au sol.

    « On dort deux heures », dit-il. « Un qui veille. Un qui dort. »

    Sofia hoche la tête. Elle sort son cran d’arrêt. Elle fait jouer la lame. Le clic est net.

    « Je commence la garde », dit-elle.

    Lorenzo s’adosse à la portière. Il ferme les yeux. Il ne dort pas. Il attend le prochain bruit. Le prochain mouvement. La prochaine balle. La nuit est encore longue. La route vers le Nord ne fait que commencer.

    Avis d’un expert en Mafia ⭐⭐⭐⭐⭐

    L’extrait de ‘Vise Bien’ frappe par sa puissance sensorielle immédiate. L’auteur maîtrise l’art du ‘show, don’t tell’ avec une précision quasi cinématographique, où l’odeur du bitume, le froid de l’acier et le crépitement des radios créent un décor oppressant et viscéral. La dynamique entre Lorenzo et Sofia est le véritable moteur du récit : une tension sexuelle et mortelle qui transforme leur fuite en un huis clos mouvant. Le style est nerveux, efficace, dénué de fioritures, ce qui sied parfaitement à l’univers impitoyable de la mafia sicilienne. C’est un pur concentré d’adrénaline qui captive le lecteur dès les premières lignes. Note : 17/20. Conseil : Accentuez davantage les flashbacks brefs sur l’origine du conflit entre les Greco et les Vitale pour renforcer l’attachement émotionnel du lecteur à ces personnages complexes.

    Note : 17/20

    Conseil : Accentuez davantage les flashbacks brefs sur l’origine du conflit entre les Greco et les Vitale pour renforcer l’attachement émotionnel du lecteur à ces personnages complexes.

    Questions fréquentes

    Quel est le point de départ de l’intrigue ?
    L’histoire commence à Palerme, où deux ennemis jurés, Lorenzo Greco et Sofia Vitale, sont soudainement forcés de collaborer après avoir reçu l’Ordre Zéro, une directive signifiant la fusion brutale de leurs clans et leur élimination imminente.
    Quel est le genre littéraire de ce récit ?
    Il s’agit d’un thriller policier typé ‘polar noir’ marqué par une atmosphère urbaine sombre, des enjeux de vie ou de mort et une tension constante entre les deux protagonistes.
    Les deux héros s’apprécient-ils ?
    Non, ils sont issus de familles rivales en guerre depuis une décennie. Leur alliance est purement pragmatique : ils sont liés par la nécessité de survivre face à un ennemi commun qui les traque.
    Le récit est-il rythmé ?
    Extrêmement. Le texte alterne entre des scènes d’action viscérales, des courses-poursuites en voiture et des moments de tension psychologique sous haute pression.
    Quels sont les thèmes principaux abordés ?
    Les thèmes dominants sont la trahison au sein de la mafia, la survie en milieu hostile, la méfiance réciproque et le poids du passé criminel.

Avis

Il n’y a encore aucun avis

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Vise Bien”

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *